Présentation des intervenants

, par Caroline Archat

Caroline ARCHAT : La jeunesse et sa créativité, éléments d’une histoire croisée de l’enfance, de l’art et de l’éducation.

Comment une société valorise-t-elle, à un moment donné, sa jeunesse et sa créativité ? Sur quels fondements et pour quelles finalités ? Comment cette reconnaissance se traduit-elle dans l’expérience des jeunes ? Qu’est-ce qu’être ou devenir artiste aujourd’hui ?

Caroline Archat est docteure en Sciences de l’Éducation. Auteure de l’ouvrage Ce que l’école fait avec le cinéma (Presses Universitaires de Rennes, 2013). Elle a mené des expérimentations sur les pratiques numériques pour l’éducation au cinéma au sein de l’Institut de Recherche et d’Innovation Centre Pompidou et de l’Université Sorbonne-Nouvelle Paris 3 (2006-2015). Elle est aujourd’hui chercheure correspondante au Centre Norbert Elias (UMR 8562) où elle collabore sur des recherches en muséologie avec l’équipe Culture et Communication de l’Université d’Avignon. Elle est également chercheure contractuelle au Département d’Histoire et de Théories des Arts à l’École normale supérieure (ENS/PSL) où elle travaille sur le programme « Aging & Arts ».

 

Nicola ANGELI : Écrire sur un écrivain qui meurt à Venise : Thomas Mann, La mort à Venise, les âges de la vie.

Avec La mort à Venise (1912), Thomas Mann met en scène une rencontre fatale entre un écrivain vieillissant et un jeune aristocrate polonais. Dans quelle mesure un écrivain d’« âge moyen », comme Mann en 1912, en écrivant sur un écrivain plus âgé mentalement piégé par une rencontre épiphanique avec un adolescent, révèle-t-il une modalité artistique pour canaliser les discours autoréflexifs sur les âges de la vie ?

Nicola Angeli a étudié la littérature comparée à l’Université de Bologna, en Italie, à l’University College London et, en tant que Yenching Scholar, à l’Université de Pékin. Il est actuellement inscrit à son deuxième master (Arts et Langages) à l’EHESS.

 

Yohana BENATTAR : Âges et création cinématographique : trois générations collaborant à un processus artistique.

Trois générations de travailleurs du cinéma étaient présentes lors du tournage du dernier film de Souheil Benbarka. Âgé de soixante-quatorze ans, Benbarka est considére par beaucoup comme le « père du cinéma marocain ». Des techniciens travaillent avec lui depuis les années 1970, d’autres ont appris leur métier sur les plateaux des films étrangers tournés au Maroc, les plus jeunes ont connu son travail pendant leurs études en école de cinéma. L’exposé aborde les diverses manières de s’approcher de l’imaginaire du réalisateur en fonction de l’expérience professionnelle et de la maturité artistique.

Pendant son master en anthropologie à l’EHESS, Yohana Benattar a questionné les pratiques cinématographiques au Maroc en effectuant une recherche de terrain sur le plateau d’un film de fiction. Elle s’intéresse au travail créateur comme processus d’expérimentation sociale, émotive et cognitive. Elle a récemment consacré du temps à la réalisation de court-métrages documentaires avant mon inscription en thèse à la rentrée prochaine.

 

Anne-Françoise BENHAMOU : L’âge du rôle

Les acteurs doivent-ils, peuvent-ils avoir l’âge du rôle ? Et d’ailleurs, le rôle a-t-il toujours un âge bien défini ? L’artiste qu’est l’acteur, l’actrice, a-t-il l’âge de la personne qu’il ou elle est ? Comment l’art du théâtre, avec les conventions et les contraintes qui sont les siennes, avec ses paradoxes aussi, nous parle-t-il de ce qui nous définit comme vivants - le parcours de la jeunesse à la vieillesse ?

Anne-Françoise Benhamou est professeur en études théâtrales à l’École Normale Supérieure Paris et dramaturge. Elle a publié entre autres Patrice Chéreau. Figurer le réel, Les Solitaires intempestifs, Besançon 2015 ; Koltès dramaturge, Les Solitaires intempestifs, Besançon, 2014 ; Dramaturgies de plateau, Les Solitaires intempestifs, Besançon, 2012. 

 

Xavier BOURGINE et Kwama FRIGAUX :  Les enjeux de la coordination culturelle à Marseille.

L’atelier a pour but de donner un aperçu de la très grande diversité du paysage culturel marseillais, que nous interrogerons à travers deux axes micro, "collaboration ou concurrence entre institutions" et "collectif ou collectivité, quelle organisation pour quels publics", complétés par un troisième axe, plus macro, "culture, urbanisme et politique de la ville : quelle coordination des initiatives culturelles ?".

Xavier Bourgine est étudiant en économie et histoire de l’art à l’École Normale Supérieure et à l’École d’Économie de Paris. Kwama Frigaux est étudiante en philosophie et en histoire de l’art à l’École normale supérieure et à l’École des hautes études en sciences sociales.

 

Claudine COHEN : L’art paléolithique : une enfance de l’art ? 

L’art de la préhistoire, rupestre et mobilier, est souvent associé à l’enfance. D’une part le récit de ses découvertes (Altamira, Lascaux, les Trois Frères) met en scène des enfants et des adolescents, dont la "pureté" ou l’innocence serait une condition implicite de cette reconnaissance. D’autre part la caractérisation de ses différentes manifestations comme relevant d’une mentalité archaïque ou infantile a longtemps imprégné son approche : elle relève d’une vision récapitulationniste qui ne peut plus être la nôtre aujourd’hui.

Claudine Cohen est philosophe et historienne des sciences, spécialiste de l’histoire de la paléontologie et des représentations de la préhistoire. Elle est Directeur d’Etudes à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris) où elle est membre du Centre de Recherches sur les Arts et le Langage, et s’intéresse notamment aux rapports entre arts et sciences. Parmi ses ouvrages, Le Destin du mammouth, Paris Seuil 2004, Un Néandertalien dans le métro, Paris, Seuil, 2007 ; La Méthode de Zadig : la trace,le fossile, la preuve, Paris, Seuil, 2011 ; Femmes de la préhistoire, Paris, Belin, 2016. Elle prépare un nouvel ouvrage sur l’évolution humaine : Nos ancêtres dans les arbres, Réflexions sur le devenir humain, Paris, Seuil, 2018.

 

Yolaine ESCANDE : Les arts et les âges de la vie en Chine.

La communication aborde d’une part, la façon dont différentes techniques picturales et calligraphiques chinoises sont enseignées et pratiquées en fonction de l’âge, d’autre part, la question de la transmission et celle de l’évaluation selon l’âge des pratiquants. La réflexion sera menée à partir de la pratique contemporaine, au regard de textes de la tradition, mais également à partir de quelques oeuvres cinématographiques chinoises du XXe siècle (La vie sur mille cordes de Zhang Yimou notamment) et de séries télévisées récentes (comme Da Han tianzi, Prince of Han Dynasty, par exemple).

Yolaine Escande est directrice de recherche au CNRS (CRAL, EHESS Paris, membre associé CECMC), sinologue, spécialiste d’esthétique et de théorie de l’art chinois. Elle est reconnue comme calligraphe et peintre en Chine où elle participe chaque année à des concours de peinture et de calligraphie et où elle expose régulièrement.

 

Chloé GALIBERT-LAÎNÉ : Vieillissement au féminin et pratiques audiovisuelles contemporaines : The Pain of others (Penny Lane, 2018)

À partir de l’analyse d’un documentaire de création composé de vidéos trouvées sur YouTube et consacré à une maladie non reconnue par la science affectant principalement des femmes âgées, cette intervention interrogera les conditions de visibilité des personnes vieillissantes sur les réseaux sociaux en ligne. Défendant l’idée selon laquelle les discours contemporains sur les nouveaux médias tendent trop souvent à ne s’intéresser qu’aux pratiques des adolescent·e·s et des jeunes adultes, nous prendrons le film The Pain of others (Penny Lane, 2018) comme terrain d’observation pour étudier les relations complexes entre isolement social, expérience du vieillissement au féminin, représentation de soi et usages des réseaux sociaux en ligne.

Chloé Galibert-Laîné est chercheuse et vidéaste, et prépare actuellement un doctorat de recherche-création dans le cadre du laboratoire SACRe (École normale supérieure de Paris / PSL) sous la direction de Dork Zabunyan (ESTCA / Paris 8). Formée en études cinématographiques et en sociologie, elle enseigne également le cinéma à l’Université Paris 8. Ses vidéo essais sont régulièrement présentés en contexte universitaire ainsi qu’en festivals de cinéma.

 

Cynthia Laura GIANCOTTI : Agisme cinématographique : entre réalité et néoréalisme.

Projection du film de Vittorio de Sica, Umberto D (1952) et discussion. Comment le cinéma adresse-t-il la question de la vieillesse masculine ? Question de grande actualité, qui, cependant trouve déjà des réponses dans le passé, si on considère le chef d’oeuvre néoréaliste de Vittorio de Sica, Umberto D (1952). Loin de vouloir fournir une réponse à cette question, nous essayerons, d’abord à travers la projection du film, et ensuite par une discussion ouverte, d’explorer comment est articulée la représentation de la vieillesse dans le film, entre réalisme, néoréalisme, stéréotypes, fantasmes, craintes légitimes et inquiétudes infondées.

Cynthia Laura Giancotti est Doctorante en Lettres Françaises et Italiennes auprès de l’Université de Stanford (USA). Elle s’occupe depuis deux ans de la question du vieillissement et du corps en général dans les domaines littéraires et dans les arts, avec un intérêt particulier pour les oeuvres autobiographiques.

 

Karim HAMMOU : Temporalités des carrières artistiques : le cas du rap en France (1990-2010).

Cette conférence propose une réflexion, à partir du cas du monde du rap en France, sur l’articulation entre le temps collectif de la succession de générations d’auteur.e.s-interprètes dans un univers musical en transformation rapide et le temps individuel de l’entrée et l’avancée dans une carrière artistique. A l’interface entre ces deux temporalités, on examine la question de la socialisation professionnelle. On insiste à la fois sur les enjeux propres aux mondes musicaux (innovations esthétiques, paysage médiatique, structure du marché...) et les enjeux plus vaste de rapports sociaux de pouvoir (classe, âge, sexe, etc.).

Karim Hammou est chargé de recherche au CNRS, membre de l’équipe CSU du CRESPPA. Animateur du carnet de recherche Sur un son rap (http://surunsonrap.hypotheses.org), ses travaux associent sociologie des mondes artistiques et sociologie des rapports sociaux de pouvoir dans l’étude des activités des industries culturelles. Il a récemment publié l’article « Mainstreaming French rap music. Commodification and artistic legitimation of othered cultural goods » (in Poetics vol.59, déc. 2016, pp. 67-81).

 

Kenza JERNITE : Débuts et fins de vie sur les scènes de Romeo Castellucci.

Les scènes du metteur en scène Romeo Castellucci abondent en corps à la fois « hors-normes » et souffrants ; parmi eux, les corps de jeunes enfants et de vieillards, rarement vus au théâtre. On se demandera en quoi ces corps, intégrés à ses compositions théâtrales, permettent à Castellucci de faire retour à ce qui l’obsède : la création d’images jamais vues, violemment incarnées, et qui par leur teneur de scandale attrapent les spectateurs aux entrailles, les obligeant à faire retour sur ce qui est d’habitude collectivement refoulé.

Kenza Jernite est doctorante au sein du programme SACRe : elle travaille sur la présence de peintures sur les scènes contemporaines (Romeo Castellucci, Vincent Macaigne, Jan Fabre…). Elle enseigne également l’histoire et la théorie du théâtre à l’Université Paris Sciences et Lettres.

 

Nadeije LANEYRIE-DAGEN : L’âge de l’homme, l’âge de l’artiste : codes de représentation et stratégies personnelles. 
Soit l’auteur d’une nécrologie. Il lui faut trouver une image, pour illustrer l’existence qui vient de finir. Mais quelle image, pour résumer une vie ? Une vie qui s’est étendue, dans le meilleur des cas, sur de nombreuses décennies. On s’intéressera ici à la signification de la représentation des âges dans la tradition occidentale. Et l’on tâchera d’examiner les choix qui ont été et sont faits, dans les représentations des vies d’artistes, de l’âge de ceux-ci ou de celles-ci.

Professeur d’histoire de l’art à l’Ecole Normale Supéieure, Nadeije Laneyrie Dagen est spécialiste de peinture (fin du Moyen Âge et début de l’époque moderne), tout en s’intéressant à l’art le plus contemporain (art vivant). Elle a publié entre autres L’Invention du corps, Paris, Flammarion, 1997 et sa suite L’Invention de la nature, Paris, Flammarion, 2008 ; L’Histoire de l’art pour tous, Hazan 2010 ; Léonard de Vinci, Posthumes, Scala, 2011 ; L’Enfant dans la peinture, Citadelles et Mazenod, 2011 avec Sébastien Allard et Emmanuel Pernoud ; L’ailleurs dans l’art, CNDP, 2013 ; Lire la peinture dans l’intimité des oeuvres, Larousse, 2015 ; et Animaux secrets, animaux cachés, réflexion sur la place du motif animalier dans l’art, Paris, Mazenod et Citadelles, 2016.

 

Clément MARIAGE : L’Énigme du Sphinx.

"Quel être, pourvu d’une seule voix, a d’abord quatre jambes à l’aube, puis deux jambes au cours de la journée, et finalement trois jambes le soir" demanda le Sphinx à OEdipe. Cette énigme, la bête l’avait apprise auprès des Muses. Liant les arts et les âges sous le même forme composite du Sphinx, cette communication consistera en la présentation de trois collages-vidéos, qui évoqueront chacun l’un des âges de la vie de l’homme, tels qu’ils sont distingués dans l’énigme posée par le Sphinx.

Étudiant à l’École Normale Supérieure de Paris en histoire de l’art, Clément Mariage pratique le collage depuis plusieurs années, sous format papier et vidéo. Proche de la pratique du mashup, ses collages-vidéos sont ce qu’il appelle des "bazarts" où le hasard et la suture de différents éléments forment une recréation supposée susciter chez le spectateur des impressions et des méditations sensibles.

 

Bahéra OUJLAKH : Peintures, impressions et projections : les trois âges de la création de Patrice Hugues.

La communication a pour objectif de démontrer l’intérêt considérable tenu par la question des âges, dans la création de l’artiste contemporain Patrice Hugues. Cet artiste a consacré sa vie à son oeuvre et nous proposons d’exposer dans cette intervention une synthèse du parcours du plasticien en trois phases successives. La peinture dans un premier temps, suivi de la thermo-impression sur textiles et enfin ses récentes créations digitales.

Bahéra Oujlakh est doctorante en Arts à l’Université de Valenciennes. Placée sous la direction de Catherine Chomarat-Ruiz, sa recherche porte sur les nombreux usages des textiles dans l’art et prend actuellement appui sur la vie et l’oeuvre de Patrice Hugues.

 

Florence PONDAVEN : Du graffiti au street Art : culture juvénile, parcours institutionnel ?

Discuter le graffiti et le street art à l’aune des âges permet de questionner ces pratiques artistiques in situ en termes d’institutionnalisation et de professionnalisation. Nous travaillerons la question suivante : Dans quelle mesure le street art peut-il être considéré comme un parcours professionnel pour graffeurs devenus adultes ? À partir du parcours de street artistes professionnels, intégrés dans la fabrique du street art institutionnalisé, nous analyserons les rapports qu’ils ont entretenus avec la pratique du graffiti au cours de leur trajectoire. En nous appuyant sur une méthodologie basée sur un corpus d’entretiens semi-directifs, et de veille sur Facebook, nous analyserons la pratique du graffiti et du street art en termes de rupture et de continuité, au fil de la vie, des âges des artistes.

Florence Pondaven est doctorante en Sciences de l’Information et de la Communication au sein du laboratoire Culture et Communication du Centre Norbert Elias (UMR 8562), à l’Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse. Elle a commencé une thèse en septembre 2017 qui porte sur l’exposition de street art engagé in situ et sur les réseaux sociaux numériques, sous la co-direction de Marie-Sylvie Poli et Eric Triquet.

 

Philippe ROUSSIN : Les Confessions d’un vieillard.

En prenant notamment pour exemples Les Confessions du vieillard et Le Bon vieux et la belle enfant d’Italo Svevo ainsi que diverses oeuvres de Thomas Bernhard (Le Réformateur, Maitres anciens), on se propose d’étudier quelques-uns des moyens littéraires de la présentation du personnage et du narrateur vieux ou vieillissants apparus dans la littérature du siècle dernier. Personnages et narrateur tyrans et non plus sages vieillards ou barbons de la littérature classique. Soient également le monologue, la voix ou bien la logorrhée comme manifestations les plus récurrentes du divorce entre la puissance d’agir et le corps que représente la vieillesse, devenue une période de la vie à part entière, et comme remèdes à cette progressive séparation.

 

Philippe ROUSSIN, Directeur de recherche CNRS, Directeur-adjoint du Centre de recherches sur les arts et le langage (UMR CNRS-EHESS 8566) est le coordinateur du GDRI Literature and Democracy (XIXth-XXst centuries) : Theoretical, Historical and Comparative Approaches. Publications récentes : "Démocratie et littérature. Expériences quotidiennes, espaces publics, régimes politiques", Communications, n° 99, 2016 (dir. avec S. Veg) ; Emerging Vectors of Narratology, Berlin, de Gruyter, 2017 (dir. avec P. K. Hansen ; J. Pier et W. Schimid). À paraître : "Le Formalisme russe cent ans après", Communications, n° 103, novembre 2018 (dir. avec C. Depretto et J. Pier).

 

Jean-Marie SCHAEFFER : L’oeil du spectateur au fil des âges de la vie.

Notre relation aux oeuvres d’art visuelles est construite principalement par nos ressources perceptives (voir) et attentionnelles (regarder). Ces ressources sont-elles stables au fil de la vie ou évoluent-elles ? Est-ce que la part respective des ressources proprement perceptives et celle des ressources attentionnelles change au cours de la vie ? En particulier : en quoi le regard que nous portons sur un tableau dépend-il de l’accumulation au cours de la vie de connaissances et de valeurs culturelles qui informent nos modes d’attention et d’évaluation ? Nous montrons notamment comment il est possible aujourd’hui d’apporter un certain nombre de réponses à ces questions grâce à l’utilisation de eye-trackers qui enregistrent en temps réel la dynamique de notre exploration des oeuvres d’art visuelles.

Jean-Marie Schaeffer est directeur d’études à l’EHESS et directeur de recherches au CNRS. Il est philosophe, spécialiste d’esthétique philosophique. Il a publié entre autres L’art de l’âge moderne, Gallimard, 1992 ; Pourquoi la fiction, Seuil, 1999 ; La fin de l’exception humaine, Gallimard, 2007 et L’expérience esthétique, Gallimard, 2015.

 

Jeff Daniel SILVA : Présentation des travaux de la Fabrique des écritures en sciences sociales, Centre Norbert Élias, Marseille.

Jeff Silva est un réalisateur américain, professeur et programmateur originaire de Boston. Ses films les plus récents Linefork (2016), Ivan & Ivana (2011) et Balkan Rapsodies : 78 Measures of War (2008) ont été projetés à l’international dans des festivals et des musées tels que le MoMa’s Documentary Fortnight, The Viennale, Visions du Réel, Valdiva et Flahertiana.

 

Aristeo TORDESILLAS : Hikikomori – Le refuge (Joris Mathieu) ou de l’incommunicabilité intergénérationnelle de l’expérience.

Confronter diverses générations à un même fait social (les hikikomori) en les forçant à communiquer entre eux pour atteindre un « échange d’expérience », voilà ce que se propose de faire le spectacle de Joris Mathieu. Ce spectacle sera pour nous l’occasion d’analyser la possibilité de concevoir une communauté de l’expérience esthétique immédiatement et radicalement problématisée par la question de la transmission intergénérationnelle. Nous tâcherons donc de développer la question de l’expérience, nécessairement enfantine (muette), et de son rapport à la communicabilité.

Aristeo Tordesillas est élève à l’École Normale. Après une Licence de d’études théâtrales et un Master d’histoire de la philosophie, il entame un cursus de mise en scène à la Manufacture de Lausanne.

 

Ioana VULTUR : L’adolescence dans le roman moderne.

Comment les âges de la vie sont-ils représentés dans la littérature ? Je prendrai l’exemple de l’adolescence. C’est surtout à l’époque moderne, qui invente le moi profond, l’individualité comme valeur, que cet âge devient sujet d’attention. Je partirai d’une analyse de trois romans modernes de la première moitié du XXe siècle, consacrés à l’adolescence : Les désarrois de l’élève Törless de Robert Musil (1906), Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier (1913) et Ferdydurke de Witold Gombrowicz (1937) qui dessinent chacun à sa manière, le profil de l’adolescence / adolescent, en lui associant toute une constellation de sens : l’adolescence comme crise, comme désarroi intellectuel, moral et charnel ; l’adolescence comme âge de l’aventure, des rêves, de l’amour fou et de l’amitié inconditionnelle ; l’adolescence comme période d’immaturité, comme âge de la naïveté. C’est à travers ces parcours fictionnels que l’adolescence se définit comme un âge à part et que sont construit et déconstruit en même temps des clichés.

Ioana Vultur est spécialiste de littérature française et comparée. Sa thèse de doctorat, soutenue à Paris-IV Sorbonne sur la direction d’Antoine Compagnon, a porté sur la question du temps et de la remémoration chez Proust et Hermann Broch. Elle a été publiée en 2003 sous le titre Proust et Broch : les frontières du temps, les frontières de la mémoire. Elle a dirigé en 2015 un numéro spécial de la revue Critique intitulé "Où va l’herméneutique ?" et a publié Comprendre. L’herméneutique et les sciences humaines, Gallimard, « Folio » en 2017. Elle s’occupe actuellement de la coordination scientifique du projet de recherche Création, cognition, société.

 

Wendy ZHU : Le dessin d’enfant : un dessin adulte « manqué » ? Une étude de l’opposition entre le philosophe Maurice Merleau-Ponty et le psychologue Georges-Henri Luquet.

Le dessin enfantin est-il un dessin adulte sous-développé ? Pendant la première moitié du XXe siècle, deux penseurs français, Merleau-Ponty et Luquet, donnent des réponses opposées. Faut-il comprendre le dessin d’enfant dans le cadre de la perspective géométrique ? La perception enfantine est-elle structurée comme celle de l’adulte ? Que signifie le « réalisme » dans un dessin ? Mon intervention travaille ces questions à travers la lecture critique que Merleau-Ponty fait de Luquet.

Après avoir obtenu deux masters respectivement en musique (violon) et en philosophie européenne contemporaine, Wendy Zhu est en Master 1 à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, parcours Philosophie et histoire de l’art. Sa recherche est axée sur le dessin enfantin.